Servantes des Pauvres

OBLATES RÉGULIÈRES DE L’ORDRE DE SAINT BENOÎT

Servantes des Pauvres et Solesmes

Une histoire de famille

Solesmes ? Oui, c’est une histoire de famille dès les débuts de notre Congrégation, il y a 150 ans. Petit plongeon dans l’histoire, pour nous rafraîchir la mémoire…

Lorsque le 8 mai 1874, Mgr Freppel instituait la Congrégation des Servantes des Pauvres et la plaçait sous la Règle de Saint Benoît, il demandait à Dom Leduc, son fondateur et moine de l’abbaye de Solesmes, de se charger de la formation des premières sœurs ; toujours en dépendance de son Abbé, il prit très à cœur le soin de cette nouvelle pousse bénédictine, soutenu par ses frères de Solesmes.

Bien vite, les trajets Solesmes/Angers n’ont pu suffire à la surveillance des travaux de la fondation, et Dom Leduc s’installa à Angers, à la Maison-Mère des Servantes des Pauvres, tout en gardant un lien étroit avec Solesmes. Filial envers son Abbé et fraternel avec ses frères moines, il fut encore quelque temps professeur de Droit Canonique. Certains lui étaient d’un grand soutien : faisons mémoire en particulier de Dom Jousse, qui vint régulièrement à Angers assister le Père Fondateur, prêchant des retraites et confessant les sœurs.

Les liens s’affermissent entre Solesmes et les Servantes des pauvres

Avec le temps, les liens de famille ne se sont pas distendus, bien au contraire. Les Pères Abbés successifs apportèrent une vigilance toute paternelle sur la petite famille des Servantes des Pauvres qui grandissait à l’ombre de Solesmes, malgré la distance qui les sépara au moment de l’exil des moines en Angleterre. Dom Marsille, le futur abbé de Kergonan apporta son soutien et son aide précieuse à notre Mère Marie-Cécile Chéhère chargée de la rédaction des Constitutions.

Lors de la révision postconciliaire de nos Constitutions, le Père Dom Jean Prou, Abbé de Solesmes et Père du Concile, donna une forte contribution à nos Mères chargées de ce gros travail ; une précision canonique fut apportée à cette occasion, nommant officiellement le Père Abbé de Solesmes Assistant religieux de la Congrégation des Servantes des Pauvres.

Les moines assurent depuis le 9 mars 1924 – il y a donc 100 ans – un passage 3 ou 4 fois l’an dans nos différentes communautés, depuis l’un ou l’autre monastère de la Congrégation, selon la proximité géographique ; ce sont donc des moines de Solesmes, bien sûr, mais aussi Kergonan, Wisques, Clervaux et Triors qui ont pu découvrir de plus près notre vie et notre mission, tout en entretenant en nos Communautés la sève bénédictine. Et oui, c’est aussi un anniversaire pour cette année !

Formation des jeunes sœurs par les moines de Solesmes

Depuis 1975 les moines participent également avec assiduité à la formation du Noviciat qui se rend chaque semaine à Solesmes pour un cours de théologie ou d’exégèse. Les pionniers de cette formation ayant été Dom de Préville qui a assuré cette fonction pendant plus de 30 ans et Dom Nau rappelé à Dieu avant d’avoir pu atteindre cette belle performance. Il est bon de faire mémoire avec gratitude de ces chers professeurs qui ont nourri quelques générations de Servantes des Pauvres : Dom Philippe Lemaire, Dom Michel Cagin, Dom Patrice Mahieu, Dom Xavier Batlto, Dom Guy Frénod, Dom Geoffroy Kemlin jusqu’à son élection abbatiale, puis Dom Bertrand Gamelin qui a repris le flambeau avec grande joie !

Une nouvelle étape : Les Servantes des Pauvres entrant dans la famille de Solesmes

2019 marque une nouvelle étape pour ces liens de famille : à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Dom Leduc, tous ses frères moines de Solesmes sont invités à venir se réjouir avec nous pour marquer ce bel anniversaire : le 21 mars, nous avons la joie d’accueillir tous les moines de Saint-Pierre, pour une journée festive en notre Maison-Mère, rythmée par la liturgie et de belles rencontres dans la simplicité de la vie de famille des enfants de Saint Benoît. Peu après, le Chapitre Général de la Congrégation de Solesmes se réunissait et renforçait ce lien plus concrètement encore.

L’actuel Père Abbé Dom Geoffroy Kemlin ayant été professeur également auprès de nos jeunes sœurs, les liens de famille ne s’en sont que plus affermis depuis son élection abbatiale le 17 mai 2022, et c’est pour répondre à son invitation que nous avons joyeusement pris la route de Solesmes ce matin du 20 mai en la fête de Notre Dame Mère de l’Eglise. Et quelle belle perception de l’unité et de la complémentarité de nos vocations religieuses dans l’Eglise, à cette petite échelle de la famille de Solesmes avons-nous pu vivre de façon plus étroite encore en ce beau jour !

Nos sœurs moniales de Sainte-Cécile de Solesmes

Mais ce petit tour d’histoire serait bien incomplet s’il n’était question des liens étroits qui nous unissent en même temps avec nos Sœurs de Sainte-Cécile de Solesmes. C’est une même famille, moines, moniales et Servantes des Pauvres, qui avance sur le chemin tracé par la Règle de Saint Benoît.

Dès 1882, notre Père Fondateur envoyait deux Servantes des Pauvres en clôture, Mère Marie-Cécile et Mère Adèle, pour s’initier à divers points d’une observance bénédictine et la mettre en place dans la vie apostolique des Servantes des Pauvres. Les échanges initiés se poursuivirent par la correspondance, plusieurs rencontres et surtout la communion dans la prière. Nous possédons une belle correspondance entre les Très Révérendes Mère Cécile Bruyère, 1ère Abbesse de Sainte-Cécile de Solesmes et Mère Marie-Cécile qui deviendra la deuxième Supérieure Générale de la Congrégation.

En 1912, moines et moniales sont alors en exil, et Mère Marie-Cécile accompagnée de deux Prieures fait coïncider un voyage nécessaire en Angleterre avec la date du 12 octobre, jour fixé pour la Dédicace de l’église abbatiale de Quarr Abbey ; elles sont heureuses de répondre à l’invitation du Père Abbé et de pouvoir assister à une fonction si sublime en elle-même, et si unique pour la Congrégation de Solesmes. C’est à cette occasion que Mère Marie-Cécile, venant prier devant le tombeau de Mère Cécile Bruyère décédée depuis 3 ans et demi, rappela « la convention qui avait été faite que les prières de Sainte-Cécile accompagneraient toujours les travaux des Servantes des Pauvres de sorte que l’œuvre serait commune à toutes »

Cette convention se vit silencieusement dans la prière au long des années, d’un côté dans la vie du cloître, et de l’autre dans notre mission auprès des plus Pauvres.

En 2017, nos supérieures respectives, Mère Abbesse de Sainte-Cécile de Solesmes et Mère Générale des Servantes des Pauvres, tiennent à marquer le 135ème anniversaire de cette convention passée en 1882, et ce beau lien de famille s’affermit. Les rencontres inter-noviciat au grand parloir de Sainte-Cécile de Solesmes s’augmentent de cours communs dispensés par un moine et une moniale pour les Servantes des Pauvres et les moniales, de part et d’autre de la grille.

Lundi de Pentecôte 20 mai 2024 : Une journée en famille à Solesmes…

Ce lundi de pentecôte 2024 est donc une belle journée de fête qui réunit nos trois familles issues de Dom Guéranger, soit directement soit par l’intermédiaire de Dom Leduc.

Nous nous retrouvons, moines et Servantes des Pauvres pour la Messe à l’abbatiale Saint-Pierre suivi d’un temps fraternel de découverte de ce haut lieu de Solesmes. Un joyeux repas nous réunit après l’office de Sexte à la Marbrerie, et inutile de vous dire que les langues vont bon train ! une photo de famille s’impose, et l’on pose… si les photographes peinent à obtenir une vraie pose et que tout le monde rentre bien sagement dans l’objectif, c’est que la joie familiale est bien présente, et l’on chante un Magnificat plein d’enthousiasme !

Après None, tout ce beau monde – entendez : moines de Saint-Pierre et Servantes des Pauvres – se dirige vers Sainte-Cécile de Solesmes et monte la petite pente qui conduit chez nos sœurs moniales qui nous attendent au grand parloir de l’abbaye. Tous sont accueillis par Mère Abbesse, Mère Claire de Sazilly, avec un bon petit mot rappelant nos beaux liens de famille ; et c’est autour d’un joyeux goûter que les échanges fraternels viennent suivre l’exécution d’un chant magnifique à 4 voix mixtes, ‘Ubi Caritas et Amor, Deus ibi est’.

Lorsque les cloches se mettent à danser et chanter, aussitôt, dit Saint Benoît, laissant là leurs occupations, tous se tiendront prêts pour le second son… et l’on voit une étrange procession au rythme varié de moines et Servantes des Pauvres rejoindre l’église abbatiale Sainte-Cécile, les uns se dirigeant vers la chapelle de la Vierge, les autres entrant dans le chœur des moniales pour se joindre à elles et chanter tous et toutes ensemble « cor unum et anima una » (cf. Ac 4, 32) les Vêpres de Marie, Mère de l’Eglise.

C’est Elle, la Mère de notre si belle famille. Que par Elle, notre action de grâce monte vers le Père afin « qu’en toutes choses, Dieu soit glorifié ! » (1 Pi. 4, 11, cité par RB LVII)

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